Plan d’actions GTM 2018-2019

L’année 2018/2019 s’inscrit dans la poursuite et le renforcement des orientations indiquées dans la lettre ministérielle de rentrée n°01442/MEJ du 03 août 2018 marquée principalement par une volonté affirmée de la Ministre sur l’élévation générale du niveau scolaire, la consolidation des concepts de persévérance et d’ambitions scolaires ainsi que la pacification du climat scolaire.

Dans le cadre de cette ambition ministérielle, les mathématiques tiennent une place fondamentale. Ce langage qui a sa grammaire spécifique donne aux élèves la possibilité de comprendre et de développer leur représentation du monde avec d’autres outils et modèles. Dans un monde où le numérique, les nombres et grandeurs sont omniprésents, il ne s’agit plus de cloisonner ce langage à une discipline mais d’en faire un levier transversal qui se nourrit des questions posées par les autres domaines de connaissance et les nourrit en retour.

L’ambition est grande et les attentes légitimes. Il faut améliorer le niveau des élèves dans ce domaine. L’innumérisme au même titre que l’illettrisme pose une problématique sociale et civique. Le développement de l’esprit critique, de la rigueur, la capacité à « déchiffrer » la multiplicité des représentations et à se les approprier, à élaborer des stratégies de résolution, sont des clefs essentielles pour forger le citoyen demain.

La mission territoriale « inscrire l’enseignement des mathématiques dans les 21 mesures stratégiques nationale » :

La mission, qui réunit l’inspecteur de l’éducation nationale en charge de la mission en lien avec l’inspecteurs pédagogique régional mathématiques, des conseillers pédagogiques de circonscription, des directeurs d’école, des professeurs du second degré et de l’ESPE, a établi pour cette année scolaire plusieurs commissions de travail autour de divers chantiers mathématiques qui abordent la continuité des apprentissages de la petite section au Cycle3. Les actions proposées sont aussi bien destinées à répondre aux besoins des enseignants dans leurs classes, qu’à proposer des apports concrets aux équipes de circonscription dans le cadre d’actions de formation et d’impulsion.

Les axes de travail programmées cette année en lien avec les priorités territoriales et nationales :
  • Inscrire les actions du groupe en prenant appui sur « les 21 mesures de la stratégie mathématiques » du rapport remis le 12 février 2018 au Ministre de l’Education nationale par le député de l’ESSONNE, Cédric VILLANI et par l’Inspecteur Général de l’Education nationale, Charles TOROSSIAN. Ce rapport s’articule autour de 5 grands axes :
    • Priorité au premier de degré
    • Mathématiques : efficacité, plaisir et ambition pour tous
    • Nombres et Calcul
    • Formation continue et développement professionnel
    • Pilotage et Evaluation
  • Adapter la méthode Singapour au contexte de la Polynésie française dans les domaines suivant :
    • Construction du nombre et calcul
    • Géométrie
    • Grandeurs et mesures
    • Numériques et mathématiques
    • Calcul mental et langue tahitienne
  • Organiser « la Semaine des mathématiques » du 11 au 15 mars 2019, sur le thème « Jouons ensemble en mathématiques » destiné à initier des actions et à illustrer toute la richesse des applications des mathématiques. Pour cette seconde édition, le public scolaire cible sera les cycles 2, 3, 4 ;
  • Constituer un dossier numérique avec des modules d’apprentissage pertinents dans les 5 domaines prioritaires ci-dessus à destination des enseignants ;
  • Réaliser des séances filmées en lien avec les modules d’apprentissage choisis ;
  • Concevoir des capsules de formation en direction des formateurs ;
  • Mettre en place un recueil des expériences ou opérations conduites dans les circonscriptions du territoire pour mutualisation et diffusion des pratiques sur le site mathématiques : https://mathematique.education.pf
Pourquoi une Stratégie mathématiques ?

Depuis une douzaine d’années, les résultats de nos élèves en mathématiques ne cessent de se dégrader, y compris pour les meilleurs d’entre eux. C’est ce que montre l’enquête internationale Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), même si elle mesure surtout des connaissances ou compétences de base.

Il est permis de s’interroger sur les scores qu’obtiendraient nos élèves si l’on s’avisait de comparer leurs performances sur des questions plus fines, avec celles des élèves de pays plus performants (Asie du Sud-Est, Pologne, Roumanie, Hongrie, etc). L’évaluation Timss 2015 (Trends in International Mathematics and Science Study) n’est pas meilleure, elle place tout simplement la France au dernier rang des 19 pays participants. À juste titre le monde politique s’en inquiète et pointe une urgence : remédier à une situation socialement et économiquement calamiteuse qui, si elle n’est pas corrigée, obère notre avenir. Les évaluations nationales confirment encore ce constat inquiétant. Ainsi, l’enquête Cedre1 de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) révèle des acquis très fragiles à la fin du primaire. On y apprend que 42,4 % des élèves ont une maîtrise fragile des mathématiques, voire de grandes difficultés.

Multiplier 35,2 par 100 représente ainsi un obstacle majeur pour la moitié des élèves en fin de primaire. Cette fragilité en mathématiques perdure par la suite, puisque l’enquête JDC2 (2014) montre qu’un jeune français sur dix est en difficulté dans l’utilisation des mathématiques de la vie quotidienne. Dit autrement : 10 % des jeunes Français souffrent d’un handicap dans la réalisation d’activités quotidiennes dès que les nombres sont en jeu, ce qui entrave la réalisation de leurs projets personnels (création d’entreprises, etc.).

Les résultats nationaux et internationaux successifs mettent en évidence une fraction croissante des élèves se situant aux niveaux les plus faibles des échelles de performance. À cela s’ajoute l’incapacité de notre système à réduire les inégalités qui en résultent sur l’ensemble de la population scolaire (indépendamment des déterminismes sociaux). Cette incapacité tient aussi à la défaillance dans le repérage et la prise en charge des difficultés rencontrées par les élèves, ainsi qu’à une propension à mettre en avant des facteurs externes pour expliquer ces troubles. (Référence rapport Villani/Torossian du 12 février 2018).

Les évaluations territoriales de mai 2018 en Polynésie française

Si les évaluations territoriales montraient depuis 2012 une constante amélioration des résultats en mathématiques, les résultats 2018 sont en léger retrait sans toutefois redescendre au niveau des évaluations de 2014. Les quartiles extrêmes s’infléchissent : à la baisse pour les acquis maîtrisés et à la hausse pour les acquis insuffisants. Depuis 2012 jusqu’à aujourd’hui, les évaluations CE1 et CM2 montrent la permanence de résultats encore trop faibles dans certains domaines d’apprentissage. Il s’agit du calcul et des grandeurs et mesures en mathématiques.

Les acquis des élèves en MATHEMATIQUES : évolutions 2012 à 2018

En Mathématiques, depuis 2012 la tendance générale montrait également une progression positive les quartiles extrêmes (baisse des acquis insuffisants et hausse des acquis maîtrisés). Les résultats 2018 montrent aussi une inversion de cette tendance par rapport aux résultats de 2016 sans régresser jusqu’aux résultats de 2014. Les deux autres quartiles (acquis fragiles et acquis satisfaisants) ne varient que très faiblement de 2016 à 2018.

  • au CE1 on observe un recul de 5 points des acquis maîtrisés (baisse de 34% à 29%) et une augmentation de 6 points des acquis insuffisants (augmentation de 25% à 31%).
  • au CM2, on observe un léger recul de 1 point des acquis maîtrisés (baisse de 35% à 34%) et une légère augmentation de 1 point des acquis insuffisants (augmentation de 24% à 25%). Les quartiles intermédiaires restant constants.

EVOLUTIONS DES TAUX DE REUSSITE EN MATHEMATIQUES ENTRE 2016 ET 2018

Les domaines révélant un taux de réussite supérieur à 50%

  • Les domaines « nombres », « géométrie » et « gestion des données » font apparaître respectivement un recul de 3.6 points, 3.3 points et de 1.1 point.

Les domaines révélant un taux de réussite inférieur à 50%

  • Les domaines « calcul » et « grandeurs et mesures », montrent chacun une baisse de 4 points.

EVOLUTIONS DES TAUX DE REUSSITE EN MATHEMATIQUES ENTRE 2016 ET 2018

Les domaines révélant un taux de réussite supérieur à 50%

  • Les domaines « nombres », « calcul », « géométrie » et « gestion des données » font apparaître une légère baisse, respectivement de 0.1 points pour le premier et de 0.2 points et les deux suivants.
  • Le domaine « gestion des données », quant à lui, montre une progression de 2.4 points.

Les domaines révélant un taux de réussite inférieur à 50%

  • Les domaines « grandeurs et mesures » affiche une baisse de 0.7 points.

ORGANIGRAMME DE LA MISSION

RÉFÉRENTS DU GROUPE TERRITORIAL MATHÉMATIQUES 2018/2019

GROUPE MATHEMATIQUES 2018/2019

Composition des commissions de travail portant sur l’adaptation de la méthode SINGAPOUR au contexte scolaire de la Polynésie française.